Soutenir l’autonomie et les droits des femmes en Bolivie
L’indépendance financière est un facteur clé dans l’émancipation des femmes
La Bolivie présente l’un des taux de violence contre les femmes les plus élevés d’Amérique latine. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en dix ans, les violences intrafamiliales ont augmenté de 193%. En moyenne, 142 plaintes pour violence de genre et 30 pour agression sexuelle sont déposées chaque jour dans le pays [1] .
En plus de ces différentes formes de violences auxquelles les femmes sont exposées, la culture patriarcale, encore très présente en Bolivie, contribue à leur invisibilisation de l’espace public. Leurs voix sont ignorées, créant ainsi un cercle vicieux d’inégalité duquel il est difficile de s’extirper.
L’égalité entre les femmes et les hommes représente pourtant un levier important dans l’atteinte des objectifs de développement durable, et devrait donc être une priorité absolue. C’est pourquoi l’Opération 11.11.11 soutient les actions de Louvain Coopération et de ses partenaires boliviens.
Ensemble, ils mènent des actions visant à encourager les filles et les femmes de la région d’Oruro à occuper la place qui leur revient dans la société.
L’indépendance financière étant un facteur clé dans l’émancipation des femmes, le travail de Louvain Coopération et de ses partenaires passe par le développement d’activités génératrices de revenus. Les femmes sont intégrées à des cycles de formation entrepreneuriale structurés en fonction des exigences des entreprises et des défis du contexte économique local.
Nancy Murga est l’une des 678 femmes ayant suivi une formation en entreprenariat depuis fin 2022. Elle s’est retrouvée sans revenu lorsque son mari est décédé du COVID. Elle n’avait jamais travaillé et ne possédait aucune certification qui lui aurait permis d’accéder au marché du travail.
Grâce à APROSAR, une ONG bolivienne partenaire de Louvain Coopération, elle a pu suivre une formation spécialisée en pâtisserie et créer une petite entreprise avec sa fille aînée, Adriana.
Aujourd’hui, elle parvient à subvenir aux besoins de ses enfants, et est ravie d’avoir trouvé une communauté de femmes prêtes à s’entraider : « Je sais que je peux compter sur ma fille et sur le groupe de femmes qui m’ont soutenu dans les moments difficiles pour m’aider ».
L’égalité femme-homme est un enjeu sociétal majeur
Même constat pour Guillermina Huanaco, une ancienne balayeuse de rue la nuit, devenue boulangère. Elle vit maintenant de sa petite entreprise et a pu abandonner son ancien travail, pénible et dangereux, et qui l’obligeait à laisser ses enfants seuls. « Aujourd’hui, je suis indépendante. C’est un rêve qui s’est réalisé pour moi ! », nous confie-t-elle.
Les habitantes d’Oruro sont aussi soutenues dans leur développement en tant que citoyennes. Celles qui le souhaitent reçoivent des informations pertinentes et sont encouragées à revendiquer leurs droits. Quant à la prévention de la violence familiale, des formations basées sur l’entraide, lors desquelles les femmes apprennent à identifier les différentes formes de violences et à y réagir, sont également dispensées.
Le travail de Louvain Coopération et de ses partenaires s’étend à la sensibilisation de différents acteurs de la société aux questions de genre. Les autorités locales, dont l’implication doit être totale, et la communauté éducative sont donc pleinement incluses dans le processus de formation, ce qui permet d’entrevoir un changement de mentalité et la fin des rapports de domination entre les hommes et les femmes.
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pour un monde juste et durable[1] Source : Observatorio de género. Coordinadora de la mujer.




