Pourquoi voter ?

Pourquoi voter peut changer les choses.
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Voter est un droit démocratique

Voter est devenu banal dans nos pays riches, mais c’est un droit qui a été obtenu grâce à d’importantes luttes sociales au 19e et au 20e siècle – un droit d’abord obtenu par certains hommes, puis par les hommes et (tardivement) par les femmes. Certes, les élections ne représentent qu’un élément d’une véritable démocratie – qui implique aussi la séparation des pouvoirs, la participation citoyenne et l’universalité des droits humains. Mais même cette démocratie élective est loin d’être universelle et est même en recul à l’échelle mondiale depuis une quinzaine d’années. C’est donc un droit à préserver et à exercer, même si ce n’est pas une fin en soi.

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Tous les partis ne pensent pas la même chose

La mondialisation néolibérale a pu laisser penser que tous les partis défendent la même vision de la société. Gauche, droite, centre, même combat ? Non, les différents partis ont des positions différentes sur les grands enjeux de société – que ce soit la protection sociale, la justice fiscale, les migrations ou encore la lutte contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. Les positions politiques ont même tendance à se polariser de plus en plus ces dernières années. Il suffit pour s’en rendre compte de lire les réponses des différents partis au questionnaire que nous leur avons envoyé ou de constater les votes au Parlement européen ou les positions au sein du gouvernements sur ces différents sujets. Le vote peut donc déterminer des majorités sur certains sujets cruciaux.

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Le poids de chaque parti au sein d’un gouvernement compte

Le système proportionnel qui est appliqué en Belgique laisse penser que quel que soit le résultat des élections, les partis s’arrangeront de toute façon pour se partager le pouvoir et participer quasi tous au gouvernement. Pourtant, le nombre de sièges obtenus par chaque parti est décisif pour la formation du gouvernement. Il a aussi un impact majeur sur les rapports de forces entre partis d’une majorité gouvernementale et peuvent dès lors influencer significativement les décisions qui seront prises ou non. Le système proportionnel a donc pour avantage de mieux refléter le résultat des élections, avec certes comme conséquence négative que la majorité peut inclure des partis difficilement compatibles, ce qui rend les décisions plus compliquées et peut exacerber la crise d’efficacité dont est parfois accusée la démocratie.

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Les élections permettent de sanctionner des partis ou des gouvernements

Certes, un vote individuel n’a finalement que peu d’impact sur le résultat final des élections. En outre, il est facile pour un parti de faire des promesses avant les élections et de ne pas les tenir une fois au gouvernement. Mais le droit de vote permet aux sociétés démocratiques, contrairement aux régimes autoritaires, de sanctionner un parti ou un gouvernement qui n’a pas tenu ses promesses ou qui n’a pas répondu aux attentes des électrices et des électeurs. Cela incite les partis et gouvernements à prendre en compte l’avis des citoyennes et citoyens en cours de législature. Bref, si les élections n’existaient pas, il faudrait les inventer.

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Voter peut renforcer le poids de mandataires en particulier

Les partis politiques influencent le choix des personnes élues en établissant l’ordre des listes électorales. Mais le vote permet aussi de voter pour des personnes plutôt que pour des partis. Cela peut déjouer les plans des partis et donner plus de poids à des personnalités qui répondent davantage aux demandes des citoyennes et citoyens. C’est aussi une manière de récompenser les responsables politiques qui ont mieux répondu aux attentes que d’autres durant la législature précédant les élections.

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La démocratie représentative est complémentaire à la démocratie participative...

Certains prônent les assemblées citoyennes tirées au sort, le référendum ou d’autres formes de démocratie participative plutôt que les élections. Mais les différentes formes de démocraties sont complémentaires. Dans son livre « Contre les élections », David Van Reybrouck propose ainsi l’instauration d’un « modèle bireprésentatif » mêlant démocratie représentative et délibérative, en précisant que la démocratie délibérative n’a pas pour objectif de remplacer la démocratie parlementaire, mais de la renforcer.