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Gaza L’UE doit passer à l’action, la Belgique doit montrer l’exemple Assiste-t-on à un tournant dans la position européenne ? |
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Nathalie Janne d’Othée
21 mai 2025
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Le mardi 20 mai, 17 États membres de l’Union européenne (UE) ont exigé l’ouverture immédiate d’un examen du respect par Israël de l’article 2 de l’Accord d’Association UE-Israël, qui impose le respect des droits humains comme fondement essentiel de cet accord. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a confirmé que cet examen serait conduit. Ce signal marque un tournant dans la position européenne. Il doit maintenant se traduire par des actes concrets. Grâce à un accord intervenu en kern le lundi 19 mai, la Belgique s’est jointe aux États soutenant cette démarche. C’est une avancée bienvenue. Il est désormais crucial que cette dynamique se poursuive, avec une discussion rapide et résolue sur la suspension de l’accord si les violations des droits humains sont avérées. C’est une étape nécessaire pour traduire nos principes en actes. Face à la catastrophe humanitaire qui se déroule à Gaza, le temps n’est plus à la demi-mesure. Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, a alerté : sans acheminement massif d’aide humanitaire dans les 48 heures, 14.000 bébés risquent la mort par famine. Malgré cette urgence vitale, Israël n’a permis l’entrée que de 93 camions, alors qu’il en faudrait au moins 600 chaque jour. Une aide dérisoire, qui n’a même pas atteint sa destination, comme l’a rappelé Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA : « une goutte d’eau dans un océan de détresse ». L’UE se doit de rester fidèle aux valeurs fondatrices qui la définissent : justice, solidarité, respect du droit international et protection des plus vulnérables. Elle doit faire preuve d’un engagement total face à l’inacceptable. L’examen lancé doit donc rapidement déboucher sur la suspension de l’Accord d’Association UE-Israël, afin de faire pression pour un accès sans entrave de l’aide humanitaire et le respect du droit international humanitaire. La Belgique, en tant qu’État membre profondément attaché aux droits humains, a un rôle moteur à jouer. Elle peut, et doit, porter haut la voix de la justice et de la solidarité au sein du Conseil de l’Union. Son engagement déterminé est essentiel pour faire émerger une réponse européenne cohérente, forte, et à la hauteur de l’urgence. Il est de notre responsabilité collective de ne pas détourner les yeux. Chaque vie compte. Chaque minute perdue est un risque de plus pour les civils innocents. Tout doit être mis en œuvre, sans délai, par la Belgique et l’Union européenne pour faire cesser le drame en cours à Gaza. Pour la suspension de l’accord d’association
Couverture de la note politique « Suspendre l’accord d’association UE-Israël »
L’Accord d’association entre l’UE et Israël est un des huit accords d’association signés par l’UE avec ses voisins de la rive sud-méditerranéenne. Il a de multiples objectifs, touche à différentes compétences et englobe une série de matières. Entré en vigueur en 2000, l’accord constitue depuis lors le cadre juridique principal des relations bilatérales entre l’UE et Israël et est évalué annuellement. Son article 2 précise que les relations entre les parties sont fondées sur le respect des droits humains et que ce principe constitue un élément essentiel de l’accord. Au vu des violations graves et répétées de ceux-ci et du droit international commises par Israël dans le Territoire palestinien occupé et surtout à Gaza, l’UE devrait suspendre cet accord d’association jusqu’à ce qu’Israël respecte ses obligations internationales. |
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URL : https://www.coalitionagainsthunger.be/Gaza-l-UE-doit-passer-a-l-action |