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Communiqué de presse Des communautés ivoiriennes engagent des avocats belges pour faire valoir leurs droits face à SIAT « Nous continuerons à réclamer nos terres et nos droits », affirment les communautés |
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Des communautés ivoiriennes exigent d’être indemnisées pour les préjudices causés par les activités de la société belge SIAT, spécialisée dans la production de caoutchouc et d’huile de palme. Soutenues par des organisations européennes de défense des droits humains, elles ont mandaté des avocates belges pour déposer leurs exigences ce lundi 9 septembre au siège de l’entreprise à Zaventem. |
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19 août 2024
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Les conflits fonciers et sociaux dans les plantations de palmiers à huile et d’hévéas de SIAT perdurent depuis trop longtemps et doivent être résolus. Depuis plus d’une décennie, des communautés au Ghana, au Nigeria et en Côte d’Ivoire se lèvent pour dénoncer les multiples atteintes à leurs droits suite aux activités du groupe SIAT. Elles accusent l’entreprise d’accaparement de terres, de déforestation, d’atteinte à leur sécurité alimentaire, et d’autres violations de droits humains. Selon ces dernières, l’entreprise est aussi complice d’une répression qui a causé l’arrestation et la détention arbitraire de plus de 70 personnes, mené à la mort de deux personnes et laissé des dizaines de blessés. Ce lundi 9 septembre à 10h, une dizaine de représentants des communautés de Prikro en Côte d’Ivoire ont remis au Groupe SIAT une demande d’indemnisation [accessible ici] via l’intermédiaire de FIAN et Entraide et Fraternité. Ils réclament un dédommagement à hauteur de plus d’un milliard de Francs CFA (soit plus de 1,6 million d’euros) pour l’ensemble des préjudices subis et se positionnent comme premiers créanciers de la multinationale. « Le montant peut paraître élevé et pourtant il ne nous permettra jamais de compenser la détresse et l’enfer que nous avons vécus. Comment évaluer monétairement les tortures subies en prison ? Comment évaluer l’impact des mois et des mois de détention arbitraire ? Combien pour ne pas avoir pu nourrir nos enfants, faute de terres à cultiver, pendant des années ? », témoigne un porte-parole des communautés, lui-même arbitrairement détenu en prison pour plus de six mois. L’avocate Pauline Delgrange confirme : « Nos clients ont subi des pertes et préjudices considérables en raison des activités fautives de SIAT SA pendant plusieurs années. SIAT SA a l’obligation de réparer les dommages qu’elle a causés. La démarche est peu courante mais tout à fait fondée ». Ce mercredi 11 septembre, une projection du nouveau documentaire « Landgrabbed », réalisé par Magdalena Krukowska, se tiendra à 17h à la Maison européenne des Auteurs et des Autrices à Bruxelles. Le film revient sur la lutte de ces communautés d’Afrique de l’Ouest face à SIAT. La projection sera suivie à 18h30 d’un débat sur « Le rôle de l’Union européenne dans les négociations à Genève d’un Traité contraignant des Nations unies contre l’impunité des entreprises, en matière de droits humains », avec des interventions de la Commission européenne (DG Just), des avocats et de la société civile. La presse est bienvenue et peut demander un lien de visionnage du film en avant-première.
Éléments de contexte
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Signataires : ADDE - Côte d’Ivoire ; CIDSE - Europe ; CNCD-11.11.11 - Belgique ; Entraide et Fraternité - Belgique ; FIAN Belgium ; JVE Côte d’Ivoire (Jeunes Volontaires pour l’Environnement - Côte d’Ivoire) ; JVE Ghana (Jeunes Volontaires pour l’Environnement - Ghana) |
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URL : https://www.coalitionagainsthunger.be/Des-communautes-ivoiriennes-8819 |