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Pas de justice climatique sans justice de la dette |
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La crise climatique et la crise de la dette sont deux faces d’une même pièce. Elles sont non seulement liées mais elle se renforcent aussi mutuellement. A l’occasion de la campagne globale pour l’annulation de la dette et en amont de la COP26 des centaines d’organisations rappellent qu’il n’y a pas de justice climatique possible sans un traitement juste de la crise de la dette. Et inversement. |
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14 octobre 2021
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L’urgence climatique alimente l’accumulation de dettes dans les pays du Sud. Les pays souffrant des pires impacts du changement climatique y ont très peu contribué, et sont pourtant confrontés à des coûts d’emprunt plus élevés en raison de leurs vulnérabilités climatiques. Ils n’ont presque pas d’autre choix que d’emprunter pour financer l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, et financer la reconstruction et la reprise après un événement climatique extrême. Les pays qui ont accumulé des niveaux d’endettement insoutenables ont réduit leur marge de manœuvre budgétaire et les opportunités d’investir dans l’adaptation et l’atténuation, ainsi que leur capacité à se remettre des pertes et des préjudices causés par des événements climatiques extrêmes de plus en plus graves, des événements à retardement et des risques environnementaux. Dans le même temps, le financement climatique - qui devrait répondre au principe de responsabilités communes mais différenciées, tel qu’il est formulé dans les Principes de Rio de 1992 pour refléter la dette climatique historique - est principalement fourni par le biais de prêts et de modalités de création de dette, faisant peser le fardeau financier sur les épaules des pays du Sud. Tout cela se produit dans un contexte de vulnérabilité croissante de la dette. Même avant l’épidémie de la Covid-19, les pays de l’hémisphère sud étaient confrontés à une crise de la dette grandissante, aggravée ensuite par les impacts économiques de la pandémie. Les prêts destinés à financer des projets liés aux énergies fossiles, par des banques de développement multilatérales, des agences de crédit à l’exportation et d’autres institutions financières dans les pays du Nord, ont ajouté aux dettes insoutenables et illégitimes dans les pays du Sud. L’une des conséquences d’un niveau d’endettement élevé est une enveloppe budgétaire fortement réduite pour les dépenses publiques et donc des opportunités très limitées d’investir dans les mesures d’adaptation et d’atténuation nécessaires pour garantir le droit des personnes à un environnement sain, et aussi peu de possibilités de se remettre des pertes et des préjudices subis du fait d’une catastrophe climatique. Demander aux pays de donner la priorité aux paiements de la dette, souvent à des taux d’intérêt élevés, signifie qu’ils ne peuvent pas répondre de manière adéquate aux urgences auxquelles leurs populations sont confrontées, telles que la pandémie et l’urgence climatique. Le coût du service de la dette a également largement affecté les femmes et les enfants, qui représentent les groupes les plus vulnérables de la société dans la plupart des pays du Sud. En effet, lorsque les gouvernements réduisent les dépenses publiques, en particulier pour la protection sociale, les femmes et les enfants en souffrent le plus. D’un autre côté, les économies des pays du Nord ont accumulé une énorme dette climatique auprès des peuples et pays du Sud, en raison de leur contribution disproportionnée aux émissions de carbone et autres émissions de gaz à effet de serre, représentant près des deux tiers de « l’empreinte carbone » globale depuis les années 1800. Le concept de dette climatique appelle à un changement systémique. Un tel changement implique non seulement une reconnaissance de la dette climatique, mais aussi la restitution et la réparation des multiplicités de dettes financières, sociales et écologiques dues par les pays du Nord aux pays du Sud, accumulées durant le passé colonial et à travers les dynamiques néo- coloniales d’aujourd’hui. Dans ce contexte, la nécessité d’effectuer une transition mondiale vers une économie plus durable et plus équitable ne sera pas possible sans un financement climatique durable, responsable, suffisant, juste et non générateur d’endettement, ainsi que sans un financement pour la transition qui n’exacerbe pas les vulnérabilités de la dette dans les pays du Sud. De plus, l’annulation de la dette est nécessaire pour que les pays soient non seulement en mesure de lutter contre la pandémie, mais également pour relever les défis du changement climatique et poursuivre une reprise verte et inclusive. Le message urgent est précisément celui-ci : la justice climatique ne sera pas possible sans justice économique et de la dette. Et une justice de la dette ne sera pas possible sans justice environnementale et climatique. Cela signifie reconnaître la dette climatique que les pays du Nord doivent aux pays du Sud, et fournir un financement climatique suffisant, de qualité et sans dette, comme restitution partielle de cette dette climatique. Les réparations de la dette climatique signifient également que les pays du Nord doivent contribuer à la restauration écologique, mettre fin à l’extractivisme et à l’utilisation de combustibles fossiles, et passer à des modes de production, de distribution et de consommation à faibles émissions de carbone, enracinés dans des changements de paradigme juridique et politique pour le transfert de technologies et des règles commerciales équitables. L’annulation de la dette est également nécessaire, reconnaissant le rôle qu’elle a historiquement joué dans la promotion et l’imposition d’un modèle de « développement » injuste et insoutenable, et l’obstacle qu’il représente aujourd’hui pour une reprise juste, équitable et durable. Nous exigeons bien plus que des flux fragmentaires de financement climatique et des cas ponctuels d’« allégement de la dette », nous exigeons une garantie de non-répétition par le biais de changements structurels pour la justice climatique et la justice de la dette. Nous exigeons un changement systémique.
Liste des signataires : CNCD-11.11.11, 350.org, Action Aid International, Climate Action Network Europe, Oxfam International, European Network on Debt and Development (Eurodad), la suite ... |
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URL : https://www.coalitionagainsthunger.be/Pas-de-justice-climatique-sans |