Transition vers des systèmes alimentaires durables
Bien qu’actuellement, les denrées alimentaires produites au niveau global peuvent largement nourrir 10 milliards de personnes, l’ONU estime aujourd’hui que 828 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, soit 71 fois la population de la Belgique. Parallèlement aux personnes souffrant de la faim, c’est également plus de 3 milliards de personnes sur terre qui n’ont pas les moyens financiers d’accéder à une alimentation nutritive, saine et en quantité suffisante. [1] Ce chiffre a augmenté de 350 millions depuis le Covid-19 pour atteindre près de 30% de la population mondiale. Malgré l’engagement de 193 pays, dont la Belgique, d’éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030 (ODD2), les chiffres de la faim sont à nouveau à la hausse depuis 2015 : nous sommes loin d’être sur la bonne voie.
Notre système agricole et alimentaire actuel, ancré dans le modèle de l’agriculture industrielle, dont plusieurs grandes entreprises contrôlent des maillons stratégiques, non seulement, ne parvient pas à réaliser le droit à l’alimentation pour tous et toutes, mais renforce également l’insécurité alimentaire globale. Un tiers des émissions de gaz à effet de serre est imputable au système agro-alimentaire actuel mais son impact négatif va bien au-delà : perte de biodiversité, dégradation et pollution des terres et des ressources en eau douce, etc. Il est à noter que ces observations reposent sur un consensus scientifique. En plus de constituer une des causes principales de la dégradation de l’environnement, l’agriculture souffre dans le même temps des effets de la crise climatique et de la dégradation de l’environnement, en particulier dans les pays à faible revenu. Face aux défis sociaux et aux limites de la durabilité écologique de notre planète, les scientifiques et les organisations de la société civile appellent à une transformation profonde de nos systèmes alimentaires. Comme le soutient la FAO, un système alimentaire durable doit garantir « la sécurité alimentaire et une alimentation saine pour tous sans compromettre les fondements économiques, sociaux et environnementaux nécessaires à la sécurité alimentaire et à une alimentation saine des générations futures ». [2] La coalition contre la faim (CCF) demande aux politiques belges et européennes de soutenir cette transformation et de s’attaquer aux causes profondes de la faim (pauvreté, inégalités, commerce déloyal, manque de résilience économique des pays, conflits en cours et crise climatique avec pression sur les ressources naturelles) avec des politiques cohérentes.
La Coalition contre la faim demande :
- A la Belgique d’honorer son engagement à consacrer 15 % du budget de la coopération internationale à la réalisation de l’ODD 2 (« faim zéro »), et de soutenir via ce biais la transformation agroécologique des systèmes alimentaires ;
- A l’Union européenne, la Belgique et ses régions d’œuvrer à la cohérence des politiques pour le développement et à la réalisation des droits humains, en particulier du droit à l’alimentation.
[1] UN, 2022, D’après un rapport de l’ONU, la faim dans le monde progresse et pourrait avoir touché jusqu’à 828 millions de personnes en 2021, Rome/New York : UN.
[2] FAO, 2018, Sustainable food systems : Concept and framework, (fao.org).
